Un théâtre qui, après les horreurs du XXe siècle, met en scène le NON-SENS de l’existence — Beckett, Ionesco, Adamov.
⭐ Rompre avec le théâtre « logique ». L’absurde brise toutes les règles : plus d’intrigue claire, de psychologie, de dialogues sensés. En attendant Godot (Beckett, 1953) : deux clochards attendent un « Godot » qui ne vient jamais, ne se passe RIEN, deux actes quasi identiques. La Cantatrice chauve (Ionesco) : des personnages échangent des banalités qui se dissolvent dans le vide. Le langage tourne à vide, se décompose.
🔑 Le fond : l’absurde existentiel. Ce théâtre incarne l’idée (proche de Camus) que l’existence n’a pas de sens donné, que l’homme attend un sens (Dieu, un but) qui ne vient pas. La FORME (répétition, vide, incohérence) épouse le fond (l’absurdité) — on ne le raconte pas, on le fait RESSENTIR. (Cf. Le Nihilisme, l’attente et l’inaction.)
⚠️ Esprit critique. (1) « Il ne se passe rien » : est-ce génial ou vain ? À sa création, Godot déconcerta ; c’est aujourd’hui un classique mondial — encore un renversement du jugement. 🔑 (2) L’absurde risque la POSE : imiter Beckett en faisant « du vide » est facile ; en faire une œuvre qui touche, rare. La ligne entre profondeur et vacuité prétentieuse est mince. (3) Ce théâtre naît d’un contexte précis (après Auschwitz, Hiroshima : comment croire encore au sens et au progrès ?) — il est le miroir d’une civilisation qui a perdu ses certitudes. Le comprendre, c’est comprendre le traumatisme du XXe siècle. (Cf. La Seconde Guerre Mondiale, La Shoah.)
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