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:::lang fr Philosophe et épistémologue français, figure centrale de l’épistémologie historique française (avec Canguilhem, puis Foucault). Là où Popper et le Cercle de Vienne raisonnent en logiciens, Bachelard part de l’histoire effective des sciences et de la psychologie de la connaissance.
Thèse principale
Connaître scientifiquement, ce n’est pas accumuler des observations : c’est rompre avec le savoir spontané. L’esprit doit franchir des obstacles épistémologiques — non pas des manques d’information, mais des habitudes de pensée positives qui s’interposent dans l’acte même de connaître.
Concepts clés
L’obstacle épistémologique : il n’est pas extérieur (complexité du réel) mais interne à l’acte de connaître. Ce n’est pas l’ignorance qui fait obstacle, mais le déjà-su : évidences premières, images, intuitions sensibles (obstacle verbal, animiste, substantialiste).
La rupture épistémologique : la science se constitue contre le sens commun, par dépassement explicite des obstacles. Repris ensuite par Althusser et Foucault sous le nom de coupure épistémologique.
Le « nouvel esprit scientifique » : la science du XXe siècle (relativité, quantique) n’est pas le prolongement du sens commun mais sa négation.
Exemple précis
Dans La Formation de l’esprit scientifique (1938), Bachelard analyse le passage de l’esprit « préscientifique » à l’esprit « scientifique » aux XVIIIe–XIXe siècles. Cas emblématique : la théorie du calorique (la chaleur conçue comme une substance-fluide), obstacle substantialiste que la thermodynamique a dû dissoudre.
Œuvres clés
La Formation de l’esprit scientifique (1938) · Le Nouvel Esprit scientifique (1934) · La Psychanalyse du feu (1938). :::
:::lang de Französischer Philosoph und Epistemologe, zentrale Figur der französischen historischen Epistemologie (mit Canguilhem, später Foucault). Während Popper und der Wiener Kreis wie Logiker argumentieren, geht Bachelard von der tatsächlichen Geschichte der Wissenschaften und der Psychologie der Erkenntnis aus.
Hauptthese
Wissenschaftlich erkennen heißt nicht, Beobachtungen anzuhäufen, sondern mit dem spontanen Wissen zu brechen. Der Geist muss epistemologische Hindernisse überwinden — keine Informationslücken, sondern positive Denkgewohnheiten, die sich in den Akt des Erkennens selbst einschieben.
Schlüsselbegriffe
Das epistemologische Hindernis: Es ist nicht äußerlich (Komplexität des Realen), sondern dem Akt des Erkennens innerlich. Nicht die Unwissenheit ist das Hindernis, sondern das bereits Gewusste: erste Evidenzen, Bilder, sinnliche Intuitionen (verbales, animistisches, substantialistisches Hindernis).
Der epistemologische Bruch: Die Wissenschaft bildet sich gegen den gesunden Menschenverstand, durch ausdrückliche Überwindung der Hindernisse. Später von Althusser und Foucault als epistemologischer Schnitt aufgegriffen.
Der „neue wissenschaftliche Geist": Die Wissenschaft des 20. Jahrhunderts (Relativität, Quantentheorie) ist keine Verlängerung des Alltagsverstands, sondern dessen Negation.
Konkretes Beispiel
In Die Bildung des wissenschaftlichen Geistes (1938) analysiert Bachelard den Übergang vom „vorwissenschaftlichen" zum „wissenschaftlichen" Geist im 18.–19. Jahrhundert. Paradebeispiel: die Theorie des Wärmestoffs (calorique, die Wärme als stoffliches Fluidum gedacht), ein substantialistisches Hindernis, das die Thermodynamik auflösen musste.
Hauptwerke
Die Bildung des wissenschaftlichen Geistes (1938) · Der neue wissenschaftliche Geist (1934) · Psychoanalyse des Feuers (1938). :::