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Foucault — Surveiller et Punir

Philosophie → Pouvoir / Discipline moderne → 1975 — Dans Surveiller et Punir (1975), Michel Foucault (1926–1984) analyse le — passage du châtiment du corps (supplice) au contrôle de l'âme…

Philosophie → Pouvoir / Discipline moderne → 1975


Concept clé

Dans Surveiller et Punir (1975), Michel Foucault (1926–1984) analyse le passage du châtiment du corps (supplice) au contrôle de l’âme (discipline). La prison n’y est pas un progrès humaniste mais une nouvelle technologie de pouvoir.

Note organisée par thèses : énoncé, contexte, arguments pour, objections.


Thèse 1 — « Le passage du supplice à la prison n’est pas un progrès, mais un changement de technique de pouvoir »

Énoncé. On passe du pouvoir souverain (punir le corps en public) au pouvoir disciplinaire (contrôler l’âme, en continu et en silence).

Contexte. Foucault ouvre sur deux scènes : le supplice de Damiens (1757), écartèlement public où le crime offense le Roi ; puis, ~80 ans plus tard, un règlement de prison minuté et silencieux. Entre les deux, pas un adoucissement moral mais une réorganisation du pouvoir.

Arguments pour.

  • Le supplice venge le souverain ; la discipline gère des individus.
  • La prison est plus efficace car invisible, continue, et produit du savoir sur les détenus (fiches, observation).

Objections.

  • Reproche des historiens : les réformateurs visaient réellement à réduire la souffrance (punir moins, mieux) — Foucault sous-estime cette intention humaniste.

Thèse 2 — « La discipline fabrique des “corps dociles” »

Énoncé. Par le dressage (école, caserne, usine, prison), on rend les individus utiles économiquement ET soumis politiquement.

Argument — le Panoptique (Jeremy Bentham). Une tour centrale surveille des cellules en cercle ; le détenu, ne sachant jamais s’il est observé, se discipline lui-même. C’est l’automatisation du pouvoir par la visibilité.

« Quoi d’étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ? »

Objection. En faisant de la discipline un système quasi tout-puissant, Foucault laisse peu de place à la résistance et à la liberté des individus (critique fréquente, notamment marxiste).


Thèse 3 — « La prison “échoue” en apparence, mais réussit à produire une délinquance contrôlée »

Énoncé. Si la prison ne réduit pas le crime, c’est qu’elle a une autre fonction : produire un petit groupe de délinquants fichés (l’« illégalisme contrôlé »), plus gérable que des fraudes diffuses.

Distinctions clés.

  • Infracteur (un acte) vs délinquant (une identité construite par la prison).
  • Illégalismes des biens (vol ouvrier, réprimé) vs illégalismes des droits (fraude fiscale bourgeoise, tolérée) → tolérance différentielle selon la classe.

Objections.

  • Fonctionnalisme : Foucault « anthropomorphise » le pouvoir, comme s’il avait une intention et savait toujours ce qu’il fait.
  • Paradoxe normatif : ayant rejeté toute morale universelle et les droits de l’homme, sur quelle base critiquer ce pouvoir ? (incohérence reprochée).

Exemples

  • Les « indics » : le pouvoir utilise des délinquants pour en surveiller d’autres.
  • Caméras, contrôles d’identité : la figure du « méchant » justifie la surveillance de tous.

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