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Luc Ferry

Philosophie contemporaine → Humanisme laïc, « spiritualité sans Dieu » Luc Ferry est l'un des philosophes français les plus médiatiques — et les plus clivants.

Philosophie contemporaine → Humanisme laïc, « spiritualité sans Dieu »


Enjeu global

Luc Ferry est l’un des philosophes français les plus médiatiques — et les plus clivants. Sa thèse centrale : après la « mort de Dieu », la philosophie doit reprendre la fonction qu’occupait la religion, celle d’une doctrine du salut — apprendre à bien vivre et à affronter la mort sans recours au divin. Il défend un humanisme laïc qui cherche du sens et de la transcendance dans l’humain lui-même. Enjeu : peut-on avoir une spiritualité sans religion ?


Repères biographiques

  • Né le 3 janvier 1951. Agrégé de philosophie (1975), docteur puis agrégé de science politique.
  • Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation nationale (gouvernement Raffarin, mai 2002 – mars 2004). Il est à l’origine du texte sur la laïcité à l’école — la loi de 2004 interdisant les signes religieux ostensibles.
  • Essayiste prolifique et figure des médias (chroniques, télévision, radio).

La pensée

1. La philosophie comme « sagesse laïque » (le salut sans Dieu)

Dans son grand succès Apprendre à vivre. Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations (Plon, 2006), Ferry propose une histoire de la philosophie en trois temps : grec (le cosmos, la sagesse stoïcienne), chrétien (le salut par la foi et l’amour), moderne/humaniste (l’homme sans Dieu). Sa thèse : la philosophie répond aux mêmes questions existentielles que la religion — la peur de la mort, la quête de sens — mais par la raison, pas par la foi. C’est une doctrine du salut rivale des religions.

2. L’humanisme contre « la pensée 68 »

Avec Alain Renaut, dans La Pensée 68. Essai sur l’anti-humanisme contemporain (1985), Ferry attaque la génération intellectuelle des années 1960 — Foucault, Derrida, Bourdieu, Lacan, Althusser — accusée d’avoir dissous le sujet et la liberté humaine dans les structures (langage, pouvoir, inconscient). Ferry défend au contraire un sujet libre et responsable, héritier de Kant. Ce livre en fait une figure de proue de l’anti-structuralisme.

3. Face au transhumanisme

Dans La Révolution transhumaniste (2016), il analyse le projet d’« augmenter » l’humain par la technique (voir Le Transhumanisme). Position nuancée : ni technophobe ni naïf, il distingue la médecine thérapeutique (soigner) de l’augmentation (dépasser l’humain), et alerte sur les risques éthiques et démocratiques.


Nuance critique

  • Un philosophe divisé : ses partisans saluent un vulgarisateur talentueux qui rend la philosophie accessible (Apprendre à vivre s’est vendu à des centaines de milliers d’exemplaires). Ses détracteurs lui reprochent une pensée de synthèse plus que de création, et une posture de « philosophe médiatique » proche du pouvoir.
  • Débats politiques : sa loi sur la laïcité (2004) reste vivement discutée — défense du modèle républicain pour les uns, stigmatisation pour les autres. Ferry assume une ligne républicaine et universaliste, à rebours des courants décoloniaux (voir Achille Mbembe, Frantz Fanon).
  • À son crédit : peu de philosophes contemporains ont autant donné le goût de la philosophie au grand public — ce qui est en soi une forme d’esprit critique diffusé (voir L’Esprit Critique).

Œuvres clés

  • La Pensée 68 (avec A. Renaut, 1985)
  • Apprendre à vivre (2006)
  • La Révolution transhumaniste (2016)

Philosophes / concepts liés

Index


Sources : Wikipédia « Luc Ferry » ; L. Ferry, Apprendre à vivre (Plon, 2006) ; L. Ferry & A. Renaut, La Pensée 68 (Gallimard, 1985) ; L. Ferry, La Révolution transhumaniste (2016).

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