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Militantisme

Politique → Sociologie de l'action collective → Concept transversal — Le militantisme est l'engagement actif et organisé au service d'une cause.

Politique → Sociologie de l’action collective → Concept transversal


Enjeu global Le militantisme est l’engagement actif et organisé au service d’une cause. Il pose la question du passage de la conviction à l’action collective : pourquoi et comment des individus se mobilisent-ils, parfois au prix de sacrifices, pour des fins qui les dépassent ? L’enjeu touche à la fois la sociologie (qu’est-ce qui produit l’engagement ?), la morale (jusqu’où la fin justifie-t-elle les moyens ?) et la politique (le militantisme renforce-t-il ou menace-t-il la démocratie ?).

Thèses principales

1. L’engagement n’est pas qu’une affaire de conviction (sociologie de la mobilisation) Mancur Olson (Logique de l’action collective, 1965) : un individu rationnel a intérêt à ne PAS militer (le “passager clandestin”) — il profitera du résultat sans en payer le coût.

  • Exemple : un salarié bénéficie des hausses obtenues par un syndicat sans y adhérer ; pourtant les syndicats existent.
  • Contradicteur : pour les sociologues des rétributions militantes (Daniel Gaxie, années 1970) et des incitations sélectives, on milite aussi pour des bénéfices propres — sociabilité, identité, reconnaissance, plaisir de l’action — qui résolvent le paradoxe d’Olson.

2. Le militantisme oscille entre conviction et responsabilité (Weber) Max Weber (Le Savant et le Politique, 1919) distingue l’éthique de conviction (agir selon ses principes quoi qu’il arrive) et l’éthique de responsabilité (répondre des conséquences de ses actes).

  • Exemple : le militant pur (désobéissance civile, grève de la faim) suit la conviction ; le militant gestionnaire (élu, syndicaliste négociateur) assume la responsabilité des effets.
  • Contradicteur : pour les théories de l’action directe (anarchisme, certains courants écologistes radicaux), la séparation est fausse — l’attente du “moment responsable” serait une trahison ; seul l’acte conséquent ici et maintenant compte.

Stratégies du militantisme Trois grands répertoires (Charles Tilly, La France conteste, 1986) : la manifestation (occuper l’espace public), la négociation (peser dans les institutions), l’action directe (grève, boycott, désobéissance civile). Contradicteur sur les moyens : la non-violence (Gandhi, marche du sel 1930 ; M. L. King, années 1960) et la violence révolutionnaire (Fanon, Les Damnés de la terre, 1961 — voir Violence) s’opposent frontalement sur ce qui est légitime.

Nuance critique Le militantisme a ses dérives : sectarisme, fanatisme, instrumentalisation. Mais son absence — l’apathie — menace tout autant la démocratie, qui suppose des citoyens engagés. La question n’est pas faut-il militer ? mais pour quelles causes et par quels moyens ?

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Stratégies dimanche 9 février 2025 09:29 3 stratégies

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