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Propagande

Politique → Communication politique → Concept — La propagande est l'action méthodique sur l'opinion pour faire adopter des idées ou des comportements, en court-circuitant l'examen critique.

Politique → Communication politique → Concept


Enjeu global

La propagande est l’action méthodique sur l’opinion pour faire adopter des idées ou des comportements, en court-circuitant l’examen critique. Du latin propaganda (ce qui doit être propagé — terme religieux d’origine), elle devient au XXe siècle une technique industrielle de manipulation des masses. L’enjeu : distinguer propagande, information et persuasion légitime — frontière mouvante et politiquement chargée.

Caractéristiques objectives (techniques)

  • Les ressorts : la répétition, la simplification (le slogan), l’appel à l’émotion plutôt qu’à la raison (peur, fierté, haine), la désignation d’un ennemi (bouc émissaire), le culte du chef.
  • Les outils : affiche, radio, cinéma, presse, aujourd’hui réseaux sociaux et algorithmes (voir Contagion, les infodémies).
  • Théoriciens : Edward Bernays (Propaganda, 1928, neveu de Freud — la “fabrication du consentement”), Jacques Ellul (Propagandes, 1962), Goebbels (la pratique nazie).

Thèses et débats

1. La propagande, pilier du totalitarisme

  • Thèse : dans les régimes totalitaires, la propagande est inséparable de la terreur — les “deux piliers” (voir Stalinisme et Propagande : culte de la personnalité, réalisme socialiste, réécriture de l’histoire, photos retouchées). Elle crée un “Homme Nouveau” dévoué au Parti.
  • Contradicteur : Ellul montre que la propagande n’est pas l’apanage des dictatures — les démocraties de masse en usent aussi (publicité, communication politique, “fabrication du consentement” selon Chomsky). Personne n’y échappe.

2. Propagande vs information

  • Thèse : ce qui distingue la propagande, c’est l’intention de manipuler en contournant la raison.
  • Contradicteur : la frontière est floue et instrumentalisée — on qualifie de “propagande” le discours de l’adversaire et d’“information” le sien. La notion sert souvent d’arme rhétorique (voir Privilège, qui contrôle le récit).

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