Le maître de la tragédie classique française — celui qui a porté l’alexandrin et la passion à leur sommet.
⭐ La perfection classique. Sous Louis XIV, Racine incarne l’idéal du classicisme : respect strict des « trois unités » (une seule action, en un lieu, en un jour), langue épurée, vers d’une musicalité parfaite. Ses tragédies (Andromaque, Britannicus, Bérénice, Phèdre, Athalie) puisent dans l’Antiquité grecque et la Bible.
🔑 La passion qui détruit. Le cœur de Racine : des personnages (souvent des femmes — Phèdre, Hermione, Roxane) dévorés par une PASSION amoureuse ou jalouse qu’ils ne maîtrisent pas et qui les mène à la catastrophe. « C’est Vénus tout entière à sa proie attachée. » Contre le héros volontaire de Corneille (qui triomphe par le devoir), le héros racinien SUBIT sa passion comme une fatalité — plus proche du tragique grec et d’une vision janséniste (l’homme sans la grâce, esclave de ses désirs). (Cf. Jansénisme, Le Tragique.)
⚠️ Esprit critique. (1) Racine est le sommet d’un art très CODIFIÉ, artificiel (personne ne parle en alexandrins) — sa « perfection » peut sembler froide, guindée, à qui n’entre pas dans le code. Le génie est dans la CONTRAINTE : dire les passions les plus violentes dans la langue la plus maîtrisée. 🔑 (2) Il incarne un « canon » scolaire : imposé comme summum indépassable, il a pu écraser d’autres traditions (le théâtre populaire, baroque, étranger). Vénérer un classique ne doit pas faire oublier que le « bon goût » classique fut aussi une NORME du pouvoir (l’Académie, la cour). Le sublime racinien et son usage idéologique sont deux choses. (Cf. Corneille, La Littérature des Dominants.)
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Fiches qui citent celle-ci (3)
- Andromaque — Racine Littérature
- Bérénice — Racine Littérature
- Iphigénie — Racine Littérature