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Valéry Larbaud

Littérature → Auteurs (XXe s.) — écrivain, poète, traducteur — Valéry Larbaud est l'écrivain du cosmopolitisme et le grand passeur de la littérature étrangère en France.

Littérature → Auteurs (XXe s.) — écrivain, poète, traducteur


Enjeu global

Valéry Larbaud est l’écrivain du cosmopolitisme et le grand passeur de la littérature étrangère en France. Fils d’un riche pharmacien (fortune des eaux de Vichy Saint-Yorre), il n’a jamais eu besoin de travailler : il a voué sa vie au voyage, à la lecture et à la traduction. Figure discrète mais capitale, il a fait connaître en France des œuvres majeures — dont l’Ulysse de Joyce — et incarne l’idéal d’une littérature sans frontières.


Repères biographiques

  • Né le 29 août 1881 à Vichy, mort le 2 février 1957. Enfant unique d’un pharmacien fortuné.
  • Rentier cosmopolite : polyglotte, il parcourt l’Europe en trains de luxe, séjourne à Londres, en Espagne, en Italie.
  • Proche de la NRF (Nouvelle Revue française) et du milieu littéraire de son temps (Gide, Fargue…).
  • Drame final : frappé en 1935 d’une hémiplégie et d’une aphasie qui le privent presque totalement de la parole et de l’écriture pour ses vingt dernières années — fin tragique pour un homme des langues.

L’œuvre

  • A.O. Barnabooth (version finale 1913) : son chef-d’œuvre. Sous le masque de son hétéronyme Archibald-Olson Barnabooth — un jeune milliardaire sud-américain cosmopolite — Larbaud réunit des poésies et un Journal intime. Célébration du voyage, du luxe, de la modernité (le train, les palaces) et d’une mélancolie de l’homme sans patrie.
  • Fermina Márquez (1911) : roman d’adolescence dans un collège, la découverte du désir et de l’exotisme.
  • Enfantines, Amants, heureux amants (où il expérimente le monologue intérieur, inspiré de Joyce).
  • Ce vice impuni, la lecture (1925 et suivantes) : recueil d’essais critiques ; le titre est devenu une formule culte sur le plaisir de lire.

Lignes de force

1. Le cosmopolitisme et l’« internationalisme littéraire »

Larbaud croit à une politique intellectuelle interlinguistique : effacer les barrières entre langues et cultures nationales. L’écrivain-voyageur est un citoyen du monde des lettres. (À rapprocher de ton intérêt pour les langues et le multilinguisme.)

2. Le traducteur et le passeur (son rôle historique majeur)

  • Il traduit et fait découvrir en France : Coleridge, Walt Whitman, Samuel Butler — dont tu as lu The Way of All Flesh — et surtout James Joyce.
  • Il supervise la traduction française d’Ulysse (par Auguste Morel, 1924-1929) et le défend dans un article retentissant à la NRF. Sans Larbaud, la réception française de Joyce aurait été tout autre.
  • Larbaud est ainsi une figure du médiateur culturel : celui qui, sans chercher la gloire, transforme le paysage littéraire d’un pays.

3. La lecture et le style

Styliste raffiné, sensible à la musique de la phrase, il défend une lecture comme art de vivre (« vice impuni »). Son écriture, élégante et cultivée, porte l’empreinte de sa vaste culture polyglotte.


Nuance critique

Larbaud reste un auteur relativement méconnu du grand public — « médiateur oublié ». Son œuvre de création, moins volumineuse que son travail de passeur, et son milieu (l’aisance de rentier cosmopolite) l’ont fait passer pour un dilettante de luxe. Mais son influence souterraine sur la littérature du XXe siècle (le monologue intérieur, l’introduction de Joyce) est considérable.


Utilisation pédagogique

Excellent pour parler du cosmopolitisme littéraire, du rôle de la traduction, de la médiation culturelle, et du plaisir de lire. Figure idéale pour introduire Joyce ou pour une réflexion sur « qu’est-ce qu’un passeur en littérature ? ».


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