Platon → L’art imite le sensible, qui imite déjà les Idées : une copie de copie
L’essentiel
La mimésis est l’imitation — au cœur de la théorie de l’art de Platon (République, livre X). Le peintre qui peint un lit imite le lit sensible du menuisier, qui lui-même imite l’Idée de lit. L’œuvre d’art est donc une copie de copie, éloignée au troisième degré de la vérité.
L’enjeu
- Méfiance de Platon envers l’art : l’artiste ne connaît pas ce qu’il représente ; il produit des apparences séduisantes qui flattent la partie basse de l’âme (les passions) et détournent du vrai.
- D’où l’idée provocante de bannir les poètes de la cité idéale (ou de les censurer).
Postérité
- Aristote réhabilite la mimésis (Poétique) : imiter est naturel et instructif ; la tragédie purge les passions (catharsis). Renversement complet du jugement platonicien.
- Débat fondateur de toute l’esthétique : l’art, mensonge ou voie vers le vrai ? (voir L’Œuvre d’Art Doit-elle Être Belle).
À retenir
La mimésis (imitation) : pour Platon, l’art imite le sensible, lui-même copie des Idées — une copie de copie, trompeuse, qui flatte les passions (d’où le bannissement des poètes). Aristote la réhabilite (imiter est naturel et cathartique). Débat matriciel de l’esthétique.
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