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La Dissertation de Philosophie (Tle)

Méthode pratique — le « moule » que j'enseigne au bac. La doctrine de fond (problématiser = — nommer une contradiction, plan = mouvement, III = déplacement, « ne jamais nommer un auteur sans

Méthode pratique — le « moule » que j’enseigne au bac. La doctrine de fond (problématiser = nommer une contradiction, plan = mouvement, III = déplacement, « ne jamais nommer un auteur sans faire son travail ») est dans La Dissertation. Cette note-ci en est la cuisine : gabarits, plans-types, critères. Consolidée depuis mes docs de suivi élève (Emmanuelle, Jézabel…) et mes corrigés pratiqués. Hérite de <span class=“lien-absent”>CLAUDE</span>.


1. Reconnaître le sujet (avant tout)

  • En Terminale, les sujets sont des questions oui / non (dialectiques). Un sujet en « comment / pourquoi / en quoi » serait thématique (rare en philo, courant en lettres).
  • Un sujet porte sur 0, 1 ou 2 notions du programme :
    • 0 notion : Croire, est-ce déjà savoir ?
    • 1 notion : L’État est-il indépendant ?
    • 2 notions : La justice rend-elle heureux ?
  • Repérer les notions engagées et leur famille (« Vérité / connaissance / raison », « moyen / fin », « utilité / morale »…). 17 notions au programme.

2. L’introduction (gabarit philo, numéroté 0 → 5)

  1. Accroche notionnelle : « le sujet nous invite à réfléchir sur les notions de… ».
  2. Définir les termes importants du sujet.
  3. Thèse 1 + justification (première réponse légitime).
  4. Thèse 2 + justification (réponse adverse, également légitime).
  5. Problématique (naît du choc thèse 1 / thèse 2).
  6. Annonce du plan en chemins de pensée : « dans un premier chemin de pensée, on verra que… [thèse 1] ; dans un deuxième, que… [thèse 2] ; enfin on se demandera si… [thèse 3] ».

⚠️ Erreur à ne jamais commettre : oublier les thèses + justifications avant la problématique. Ce sont les deux exigences légitimes dont le choc EST le problème (lien direct avec la doctrine : une problématique est une contradiction, pas le sujet reformulé).

3. La problématique

Née de l’opposition thèse 1 ↔ thèse 2. Elle est simple, précise, et fait vraiment problème :

  • ✗ vague : « La liberté existe-t-elle ? »
  • ✓ tendue : « La liberté est-elle compatible avec la loi qui la limite ? »

4. Le plan : 3 parties = 3 thèses

  • 3 parties, chacune = une thèse (une affirmation qui décrit le monde) — jamais une question, jamais un impératif, jamais formulée négativement, et sans ordre chronologique.
  • Structure dialectique : I thèse 1 → II thèse 2 (argument miroir) → III (voir §8, selon le niveau).
  • Le titre d’une partie = la thèse SEULE, une affirmation qui décrit le monde, sans aucun argument, sans « car ». Le « car » et les arguments vivent dans les sous-parties (« elle est objective car elle possède une méthode »). Un titre comme « La science est objective CAR sa méthode… » est une faute : il enferme la partie dans un seul argument, alors qu’elle en porte trois.
  • Chaque partie = 3 sous-parties (3 arguments) — soit 9 sous-parties développées dans le devoir. Ne JAMAIS réduire une partie à un seul argument étiré. Chaque sous-partie mêle argument + exemple.

Deux exigences par sous-partie : a/ remettre les termes exacts du sujet (pour ne pas se perdre) ; b/ appuyer sur un principe d’argument clair.

5. Le moule d’une sous-partie (Abstrait → Référence → Exemple → Nuance)

Chaque sous-partie est un vrai paragraphe rédigé, en phrases pleinesjamais de puces, jamais d’étiquettes « ① », « [0 — Accroche] », « ② Référence » dans la copie. La trame ci-dessous est un ordre interne, invisible ; on l’enchaîne au fil de la plume :

Règle d’or : UN SEUL concept par sous-partie. Ne jamais empiler plusieurs idées dans le même paragraphe (mêler « preuve » + « procédure » + « discipline » = faute). On pose un concept et on le défend en chaîne :

  1. L’argument = le concept, énoncé nettement : « elle est objective car elle possède une méthode ».
  2. La justification = pourquoi ce concept produit la thèse : « la méthode gomme la subjectivité du savant ».
  3. L’approfondissementen effet… ») = la raison de la raison : « une méthode est universelle et ne change pas ».
  4. La référence — auteur + œuvre + date, doctrine réexpliquée (2 par partie).
  5. L’exemple précis, daté, chiffré, nommé, historique (voir §7).
  6. La nuance éventuelle (« Cependant… », « Toutefois… »).

Développer la référence ET l’exemple (≈ 2-3 phrases chacun). La référence réexplique la doctrine du philosophe (jamais un nom jeté) ; l’exemple déploie son contexte, son chiffre et sa portée (jamais une simple mention).

L’introduction aussi se rédige en prose (un ou deux paragraphes continus) : la numérotation 0→5 du §2 est l’ordre interne, pas un affichage dans la copie.

6. Boîte à outils conceptuelle (propre à la philo)

  • Thèse = affirmation qui explique un concept.
  • Argument = affirmation qui justifie une thèse.
  • Référence = mobiliser un philosophe et réexpliquer son argument / sa doctrine, avec titre du livre + auteur, 2 fois par partie.
    • ✗ « Kant parle de liberté. »
    • ✓ « Pour Kant, la liberté n’est pas absence de loi mais obéissance à la loi morale. »
  • Exemple = cas particulier qui illustre la thèse.
  • Distinctions à marteler : Opinion = thèse non fondée ; Hypothèse = thèse pas encore vérifiée ; « la philosophie, c’est la science des concepts abstraits ».
  • Allemand : glisser les concepts-clés en allemand (article + genre) — l’aliénation (die Entfremdung, f.), le devoir (die Pflicht, f.) — et les citations célèbres en VO + traduction.

7. Les exemples — le critère non négociable

Pour un devoir-modèle, chaque exemple est daté, chiffré, nommé, historique, et l’ensemble balaie les périodes (Antiquité → moderne → contemporain).

  • Modèles : procès de Socrate, 399 av. J.-C., 501 jurés ; Démosthène, ~350 av. J.-C. ; Jean Moulin, arrêté le 21 juin 1943, mort le 8 juillet ; séisme de Lisbonne, 1er nov. 1755, magnitude ~8,5, 30–50 000 morts ; neurones miroirs, Rizzolatti, Parme, 1992.
  • « Bobby Sands, mort en prison en Irlande après une grève de la faim » = type d’exemple valorisé.
  • Maxime de coaching élève (≠ exigence du modèle) : « mieux vaut un mauvais exemple que pas d’exemple » — plancher pour un élève qui sèche, pas la cible d’un corrigé.

8. Le III — selon le niveau (règle validée par Raphaël)

  • Terminale → III d’ARBITRAGE (un troisième angle, 3 sous-parties, réf + exemple daté + nuance). Trois variantes au choix, selon le sujet :
    1. Sociologique / matérialiste (modèle HLP : Lois / Ressources économiques / Discours médiatiques), chiffré (loi de 1881, MIT 70 %, Pew 80 %…).
    2. Historico-technologique (livre → radio-TV → algorithme 2026).
    3. Littéraire (« la littérature comme laboratoire » : Levi, Orwell, Camus, Delbo…).
  • Prépa / agrég → III de DÉPLACEMENT (doctrine La Dissertation) : dissoudre l’opposition I/II en montrant leur erreur commune, redéfinir le concept. En philo, cela passe souvent par l’introduction d’une notion neuve qui déplace le débat (ex. La science a-t-elle réponse à tout ? → « III : la société fabrique les évidences jugées vraies »).

9. Marques de fabrique

  • Analogie structurante quand elle éclaire (le Père Noël vs le jeune athlète pour « croire en… »).
  • Tableau de synthèse en fin de grande partie (surtout le III).
  • Ouverture finale souvent tournée vers 2026 / l’IA / le transhumanisme.
  • Attention permanente au sens du terme-clé : le rejouer jusqu’à ce qu’il soit juste, quitte à refaire le plan (« humanité » = bonté morale ? espèce biologique ? personne juridique ?).

10. Barème / grille de critères

Grille de 24 étapes (de l’analyse des termes à l’ouverture), chaque critère avec un « exemple mauvais » vs « exemple bon » ; les arguments/exemples comptés sur 9.

À compléter par Raphaël : coller ici la grille des 24 critères en entier + la répartition chiffrée des points, si tu veux que l’agent auto-évalue ses corrigés contre ton barème exact.

À retenir

Sujet oui/non → deux thèses justifiées en intro → problématique = leur choc3 parties = 3 thèses affirmatives en chemins de pensée3 sous-parties chacune, sur le moule Abstrait (« la raison est que ») → Référence (doctrine réexpliquée, 2×/partie) → Exemple daté-chiffré-nommé → Nuance. Le III est un arbitrage au bac (sociologique / techno / littéraire), un déplacement en prépa. Règle d’or héritée de La Dissertation : une référence non retravaillée ne vaut rien.

🔗 Liens

Fiches qui citent celle-ci (1)