L'Encyclopédie
Accueil · Économie · Concepts

Le Monétarisme

Économie → « L'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » Le monétarisme est le courant économique, incarné par Milton Friedman et l'école de Chicago, qui place la quantité de monnaie…

Économie → « L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire »


L’essentiel

Le monétarisme est le courant économique, incarné par Milton Friedman et l’école de Chicago, qui place la quantité de monnaie en circulation au cœur de l’analyse macroéconomique. Sa thèse centrale : l’inflation résulte avant tout d’une création monétaire excessive par la banque centrale. Formalisé dans les années 1960-1970, il devient la doctrine dominante des banques centrales et gouvernements (Reaganomics, Thatchérisme) après l’échec apparent du keynésianisme face à la stagflation des années 1970.

Mécanisme

  • Il repose sur la théorie quantitative de la monnaie (MV = PQ) : à vitesse de circulation (V) et production (Q) stables, toute hausse de la masse monétaire (M) se traduit par une hausse des prix (P).
  • Friedman prône une règle de croissance monétaire stable et prévisible (~k % par an), plutôt qu’une politique discrétionnaire jugée déstabilisante.
  • Il réhabilite l’idée d’un taux de chômage naturel (NAIRU) : la relance ne réduit le chômage qu’à court terme, au prix d’une inflation durable (critique de la courbe de Phillips).

Enjeux / Débats

  • Succès et limites : la désinflation des années 1980 (choc Volcker aux USA, taux à ~20 %) valide en partie la doctrine, mais le contrôle direct de M s’avère difficile (V instable) et est largement abandonné.
  • Contre le keynésianisme : Friedman réinterprète la Grande Dépression non comme un échec du marché mais comme une erreur monétaire de la Fed (contraction de la masse monétaire).

Dimension symbolique

  • Le retour du libéralisme : le monétarisme est le socle théorique du néolibéralisme et de la défiance envers l’interventionnisme d’État.
  • L’indépendance des banques centrales : sa méfiance envers le pouvoir politique inspire l’autonomie donnée aux banques centrales avec pour mandat la stabilité des prix.

À retenir

Le monétarisme (Milton Friedman, école de Chicago, ~1960-1980) affirme que l’inflation est « toujours et partout un phénomène monétaire » et prône une règle de croissance stable de la masse monétaire plutôt qu’une gestion discrétionnaire. Fondé sur la théorie quantitative (MV = PQ) et le chômage naturel, il détrône le keynésianisme face à la stagflation et fournit la doctrine de la Reaganomics, du thatchérisme et de l’indépendance des banques centrales.

🔗 Liens