L'Encyclopédie
Accueil · Littérature · Mouvements

Romantisme

Littérature → Mouvements → fin XVIIIe - XIXe siècle — Le romantisme (fin XVIIIe - moitié XIXe s.) est une révolution sensible : contre la raison froide des Lumières et les règles du Classicisme, il…

Littérature → Mouvements → fin XVIIIe - XIXe siècle


Enjeu global Le romantisme (fin XVIIIe - moitié XIXe s.) est une révolution sensible : contre la raison froide des Lumières et les règles du Classicisme, il sacralise le sentiment, l’imagination, le moi, la nature et la liberté. Mouvement européen majeur, il transforme la littérature, la peinture et la musique. L’enjeu est de comprendre l’invention de la subjectivité moderne — le “je” lyrique comme centre du monde.

Caractéristiques objectives

  • Période : ~1790 (Allemagne, Angleterre) - 1850. En France, manifeste : la Préface de Cromwell de Hugo (1827) ; bataille d’Hernani (1830).
  • Thèmes : le moi et ses émotions, la nature (miroir de l’âme, refuge — voir Forêt), le “mal du siècle” (mélancolie, spleen), la mort, le rêve, le passé médiéval, l’exotisme, la liberté politique.
  • Procédés : le lyrisme (expression du “je”), l’effusion sentimentale, le mélange des registres et des genres (refus des règles classiques), la couleur (voir Couleur au cinéma qui cite le romantisme), le pittoresque.
  • Auteurs : Hugo, Lamartine, Musset, Vigny, Chateaubriand (en France) ; Goethe, Byron, Wordsworth (Europe).

Caractéristiques subjectives (l’esprit) Exaltation, mélancolie, soif d’absolu et d’infini, communion avec la nature, révolte, primat de l’émotion sur la raison.

Thèses et débats

1. Le sentiment et le moi contre la raison classique

  • Exemple : Lamartine, Le Lac (1820) — la nature témoin de l’amour et de la fuite du temps ; le poète épanche son âme. Hugo brise les règles classiques (mélange du sublime et du grotesque).
  • Référence : le Sublime (la nature qui écrase et élève) est central — la tempête, la montagne, l’océan (voir Mer et Océan). Contradicteur : le Réalisme et le Parnasse réagiront contre l’épanchement romantique — trop de “moi”, trop de sentiment ; le Parnasse prônera l’impassibilité (“l’art pour l’art”), le réalisme l’objectivité.

2. La nature comme miroir de l’âme

  • Exemple : le paysage romantique (la Forêt obscure, l’orage, les ruines) traduit les états d’âme — projection du moi sur le monde.
  • Contradicteur : critique de ce “pathétique fallacieux” (pathetic fallacy, Ruskin, 1856) — prêter ses émotions à la nature est une illusion ; la nature est indifférente (vision que développera le naturalisme scientifique).

Liens

À lire ensuite

Fiches qui citent celle-ci (39)